Vendredi 29 avril 2005

 

Dans le panthéon celtique, ce dieu occupe, dans la hiérarchie, la seconde position derrière Lùgh, à égalité avec son demi-frère Daghdha, mais il est tout le contraire de celui-ci. Si ce dernier est bon, Oghme représente la force brutale et contraignante, tout ce qui est obscur, déréglé et violent. Dans les anciens textes irlandais, on le surnommait Elcmar ( le "très mauvais" ou le "grand envieux"), le Rusé, ou encore le Parleur, car c'est le dieu de l'éloquence et de la persuasion, un dieu "lieur", c'est-à-dire que de sa langue, il conduit l'humanité enchaînée par les oreilles, tombée sous le charme de sa parole. Il est l'inventeur de l'ogham, l'ancien alphabet sacré des Celtes. Il est également le maître de la magie. Les ogham taillés sur des bois d'if ou de noisetier servaient d'ailleurs à la magie et à la divination. Oghme dirige la guerre mais sans la faire, l'action étant réservée aux héros et aux guerriers.

Il est donné commele roi des Sî, le monde souterrain où se sont retranchés les héros, et c'est grâce à son "incantation de présence" qu'ils sont devenus invisibles à nos yeux. Le palais souterrain de Brù na Boinne, monument mégalithique imposant d'Irlande, donné comme capitale des Tuatha Dé Danann, lui est d'ailleurs dévolu.

C'est peut-être lui également le guide de l'âme des morts - l'Anaon breton - vers l'autre monde, son nom voulant dire le Conducteur.

On le représente généralement comme un homme âgé aux cheveux blancs, le devant de sa tête rasé selon le principe de la tonsure druidique. Il a la peau parcheminée et tannée par le soleil. A la main il tient un coutelas avec lequel il taille les oghams.

Tout comme Daghdha il peut être un des archétypes de l'Ankoù.

 

(tiré du Légendaire Celtique de Divi Kervella et d'Erwan Seure Le Bihan)

par Adriel publié dans : Théologie
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Jeudi 28 avril 2005

 

Daghdha est un des dieux les plus puissants du panthéon celtique. Dans la hiérarchie, il arrive en deuxième position après Lùgh, à égalité avec Oghme. Son nom veut dire littéralement " dieu bon". C'est également le druide des dieux et le dieu des druides, le dieu de la classe sacerdotale donc, par opposition à la classe guerrière et à la classe productive: les artisants et les laboureurs. Il est aussi le dieu de la connaissance (il a le titre de Ruadh Rofhessa, le Rouge de la Science parfaite), du temps et des éléments (un de ses autres noms est Taran[is], la foudre - d'après la légende bretonne, c'est en frappant son chaudron de sa massue qu'il provoque le bruit du tonnerre), de l'amitié et des contrats (il est le gardien de la parole donnée), et le dieu de la musique (il est le propriétaire de la Harpe magique) et le maître des poètes.

C'est le grand ancêtre, le Père de tout et de tous, c'est lui que Jules César désigne en latin par Dis Pater (le dieu père) quand il explique dans ses Commentaires que tous les Celtes prétendent être issus de lui (c'est lui Toutatis, "le père du peuple"), et qu'il serait le dieu des morts. Un de ses autres titre est Beli Veur (Beli le Grand), présenté comme le grand ancêtre des Bretons dans les textes gallois, et qui est le maître du Séjour des Morts. En irlandais, il était désigné également sous le titre d'Eochaid Ollathir (le Père puissant qui combat par l'if). En effet, il est le maître tout puissant de la vie et de la mort. Ses attributs sont la massue en bois d'if (ou un maillet dans diverses représentations, le dernier avatar en étant le mell benniget breton) qui tue dans ce monde-ci et réssucite dans l'autre.

Un autre de ses titres Sukellos (le bon frappeur). Le chaudron d'abbondance,celui de la nourriture matérielle et intellectuelle, symbole également d'éternité, est un autre de ses attributs. La roue cosmique, symbole du temps qui passe, est également son apanage.

En Irlande, sa résidence primitive se situait a Brù na Boinne (Newgrange), immense cairn semblable à Barnenez en Bretagne.

On le représente généralement comme un personnage à l'air bienveillant, barbu et ventru mais solidement charpenté, dans la pleine force de l'âge, voire un peu vieillissant, et vêtu d'un court costume de paysan à capuche qui découvre ses fesses et ses attributs masculins. Il faut savoir qu'il est doté d'un solide appétit sexuel qui n'a d'égal que sa gloutonnerie. Il est capable  d'engloutir toutes sortes de nourritures solides et liquides.

Ce dieu a pu évoluer en divers personnages folkloriques ou légendaires. On pourrait noter, entre autres, Gargantua, saint Pierre et saint Samson en Bretagne, et le bizarre saint Tu-pe-Du mestr war vuhez hag ar marv (maître de la vie et de la mort), ou bien encore l'Ankoù.

 

(tiré du Légendaire Celtique de Divi Kervella et d'Erwan Seure Le Bihan)

par Adriel publié dans : Théologie
ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback recommander
Mercredi 27 avril 2005

 

Lùgh qui est une graphie irlandaise est adopté comme forme normalisée qui correspond au Lleu des textes britonniques, et donne en breton Laou. Ce nom signifie le Lumineux. On retrouve cet élément, par exemple, dans la deuxième partie du nom breton de la lumière, gouloù, ainsi que lemot luc'h (éclat, lumière), ce qui donne luc'hed (éclair). C'est le dieu principal des Celtes, le chef du panthéon. Il a laissé son nom à de nombreuses villes d'Europe, parmi lesquelles Lyon, Leyden, Lugagnan, Louvain et Lugo.

Lùgh est le maître de tous les arts. On adjoint souvent à son titre de Samildanach, ce qui veut dire le Polytechnicien. Contrairement aux autres dieux c'est le dieu complet, car il est rattaché à toutes les classes: la classe sacerdotale (c'est un magicien, un poète et un savant), un grand guerrier (la classe guerrière - il est le père adoptif du plus célèbre des héros guerriers: CùChulainn), et l'artisant suprême (classe laborieuse), il est également le protecteur des voyageurs et des marchands.

Jules César, dans ses Commentaires, l'avait assimilé au dieu romain Mercure.

C'est un dieu jeune, grand et beau, aux cheveux blonds et bouclés.

Son arme principale est une lance à cinq pointes, arme merveilleuse qui s'enflamme au contact de l'air, et particulièrement redoutable, car elle tue neuf hommes à chaque jet, et l'un de ces neuf est toujours un roi ou un chef. Cette arme magique se retrouve dans les récits mythologiques britonniques où il est spécifié qu'il a fallu "une année jour pour jour afin de la fabriquer et en n'y travaillant que pendant la messe du dimanche". La possession de cette arme de jet lui vaut le titre irlandais de Lamhfadha (à la main longue), ou gallois de Llaw gyffes (main prompte).

Sa parure comporte également un bouclier noir - comme les guerriers bretons du haut Moyen Âge - et il est habillé d'une tunique rouge que recouvre un manteau vert, retenu sur la poitrine par une broche d'argent.

Il est souvent représenté en compagnie de corbeaux, animaux solaires bien que la couleur soit sombre. Sa fête avait lieu au début du mois d'août, mois qui s'appelle encore Lùnasa (assemblée de Lùgh) en irlandais moderne.

On retrouve une évolution de Lùgh sous les traits de Llwch Llawwynawc dans les récits arthuriens primitifs où il aide Arthur à s'approprier le chaudron d'Annwn. Ce personnage évoluera en Lancelot dans les récits arthuriens ultérieurs. Une relation sera ensuite établie dans les récits terminaux entre Lùgh et le centurion  romain Longin, devenu martyr et saint, qui perça Jésus de sa lance pendant la Passion, ce qui permit à Joseph d'Arimathie de recueillir le sang du Christ dans le calice du Graal, évolution très lointaine de la lance de  Lùgh et du chaudron de Daghdha.

Lùgh s'est retrouvé dans la symbolique chrétiennesous les traits de l'archange Michel, le chef des armées célestes, que l'on représente souvent armé d'une épée, mais également d'une lance. Saint Michel est de nos jours le saint patron des Celtes, il n'a fait que remplacer Lùgh. Divers saints bretons peuvent revendiquer une ascendance lùghienne, de même que saint Loup, même si celui-ci n'est pas d'origine locale.

 

(tiré du Légendaire Celtique de Divi Kervella et d'Erwan Seure Le Bihan)

par Adriel publié dans : Théologie
ajouter un commentaire commentaires (2)    créer un trackback recommander
Mardi 26 avril 2005

 

Brighid signifie "la très élevée" en irlandais. Ce nom est donné à la grande déesse celte unique mais multiple dans ses aspects, qui connaît d'ailleurs beaucoup d'autres appellations (Danu, Ana,...). Elle est la mère des dieux primordiaux des Celtes, mais egalement leur fille, leur soeur et leur épouse. Elle patronne toutes les activités intellectuelles et manuelles (l'art des poètes, des médecins, des forgerons et autres artisants). Elle est la gardienne du feu et préside aux rites de purification.

Ses représentations sont multiples, mais on la figurait souvent nue, la tête voilée, assise sur une chaire, tenant des fruits et des branchages, gages de son pouvoir fécondateur.

Une de ses appellations est " Vache Blanche", et le "Chemin de la Vache Blanche" est un des noms donnés à la Voie Lactée dans les récits celtiques.

A l'époque chrétienne, elle est devenue la patronne de l'Irlande. Elle peut se retrouver dans le légendaire chrétien de Bretagne, et ailleurs dans le monde celtique, sous les formes de la Vierge Marie (aspect de fille), de sainte Brigitte (aspect de femme), de sainte Anne (aspect de mère). Sa fête chrétienne du 1er Février correspond exactement à son ancienne fête celtique ainsi que la Chandeleur (Gouel ar Gouloù en breton, "fête de la lumière") et à la purification de la Vierge.

 

(tiré du Légendaire Celtique de Divi Kervella et d'Erwan Seure Le Bihan)

 

par Adriel publié dans : Théologie
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Lundi 25 avril 2005

 

Les Tuathas Dé Danann (Gens de la Déesse Dana) est le nom donné aux "divinités" préchrétiennes (telles que Lùgh, Dagda, Oghmios, Brighid,...) et au peuplement mythique autérieur aux Goïdels dans les récits mythologiques irlandais.

Après leur défaite face au fils de Mil, ils négocièrent le partage du monde. Ils se retirèrent ainsi dans le domaine souterrain où ils vivent encore, dans les tertres connus sous le nom de Sî, et sont devenus les personnages féériques.

Les personnages des Tuathas Dé Danann se retrouvent dans les autres traditions anciennes du monde celte, Dana est connue dans les récits brittoniques sous le nom de Don. Elle apparaît également sous le nom d'Ana, que les Bretons connaissent bien, puisqu'elle est leur Sainte Patronne.

Ses origines préchrétiennes sont donc évidentes. Les Bretons voient en Sainte Anne " la mère ", et on peut les considérer, d'une certaine façon, comme " gens de la Déesse Dana ".

En outre, Anna est parfois donnée comme soeur d'Arthur, Haut roi de tous les Bretons, ou associée à Beli Veur, Roi des Morts du Sî, ou encore la mère de Saint Samson, chef des sept saints fondateurs de Bretagne. 

 

(tiré du Légendaire Celtique de Divi Kervella et d'Erwan Seure Le Bihan)

par Adriel publié dans : Théologie
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander

Calendrier

Juillet 2008
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Recherche

transfert de nom de domaine sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus