Mercredi 7 février 2007

C’est au contact de la nature, vivant come un sauvage dans les arbres et se nourrissant de plantes, que les prophètes, devenus fous, retrouvent le sens des mystères de la vie et toute la science du monde.

L’arbre représente la connaissance dans la tradition celtique. L’homonymie est quasi parfaite entre les termes désignant l’arbre (breton : gwez) et le savoir (gouez), auquel on pourrait rajouter le nom de la laie, la truie (gwiz), symbole de l’enseignement druidique, et, bien entendu, ce thème de l’homme sauvage (gouez). Dans le même ordre d’idées, précisions encore que kelenn veut aussi bien dire « houx » que « leçon », « enseignement » ;  que la noix ou noisette (knaou en ancien et moyen breton) est le fruit de la science, proche de l’élément –naou connaissance, ce trait étant encore accentué par l’aspect de l’amande de la noix qui rappelle beaucoup l’aspect extérieur du cerveau ;que mez (gland) va de pair avec meiz (compréhension).

Le bois servait aussi pour la divination : prenndenn (littéralement « tire-bois ») en était la technique,et l’ogham,l’alphabet sacré des Celtes, était basé sur le nom des arbres. En outre, nombre de forêts étaient des sanctuaires sacrés, comme le bois de Névet en Bretagne près de Locronan (cette forêt était le lieu de retraite de saint Ronan).

Cette folie de l’homme des bois, c’est la sainte maladie (droug-sant en breton), maladie qui permet de pronostiquer, de dire des présages. Ce sens est d’ailleurs proposé dans les anciens dictionnaires vannetais du XVIII ème siècle : « droug-sant, présage, pressentiment, pronostic ; en devout droug-sant, pronostiquer » (littéralement : avoir la sainte maladie).

Cela permet d’arriver à l’une des autres étymologies possibles du nom : gwenn (blanc, bienheureux, saint), et klanv (malade).

C’est donc le fou du bois, le Folgoad en breton, dont l’exemple terminal fut Salaun, jeune simple d’esprit qui hantait la forêt de Landévennec du temps de la guerre de Succession de Bretagne (XIV ème siècle). Il ne vivait qu’en louant Marie, ne se nourrissant que de pain et se baignant nu dans la fontaine de la Vierge tout en chantant Ave Maria, Ave Maria. A sa mort, des lis immaculés poussèrent sur son tombeau, et sur chaque fleur étaient inscrits, en lettres d’or, les mots Ave Maria. Son culte principal fut transféré par la suite par la suite à la basilique du Folgoët, près de Lesvenen dans le Léon. Ce magnifique édifice religieux fut construit en grande partie grâce à l’aide des souverains successifs de la couronne bretonne, dernier exemple de la complémentarité monarques/fous.

par Adriel publié dans : Personnages légendaires
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