Mardi 6 février 2007

 

      Gwinklañ est l’archétype du prophète breton dont des éléments remontent à la plus haute Antiquité brittonique et même celtique. Ses liens avec les autres prophètes du monde celtique sont évidents, et l’on pense généralement qu’il n’est qu’un des autres noms de Merlin.

Il s’agit d’un personnage âgé, aveugle ; vivant seul au contact de la nature et des bêtes, et ayant le don de prédire l’avenir.

Une forme Gwenc’hlan a été popularisé par Théodore Hersart de la Villemarqué dans son fabuleux Barzhaz-Breizh, recueil des chants populaires édité pour la première fois en 1839, qui comporte une Prophétie de Gwenc’hlan comme deuxième chant. Cette dernière forme est devenue de nos jours un prénom porté. Le personnage semblaient très connu autrefois, comme l’écrit le lexicographe Grégoire de Rostrenen en 1732 : « Guinclan, prophète breton, ou plutôt astrologue, très renommé en Basse-Bretagne » ou encore « Guïclan, astronome breton, très fameux encore aujourd’hui parmi les Bretons, qui l’appellent communément le prophète Guïclan ». Il le donne natif du Goëlo, la région qui s’étend entre Paimpol et Saint Brieuc.

Il semble avoir deux régions de prédilection en Bretagne, mais certaines de ses prédictions se retrouvent ailleurs dans le Pays vannetais par exemple, mais attribuées à des devins plus modernes (XVIII ème, voire XIX ème siècle). La première région est la région dite « entre Léon et Cornouaille », grosso modo entre Landerneau et le Faou, jusqu'à l’Aulne. C’est à Saint-Urbain, une commune proche de Landerneau, que se trouve une motte élevée qu’on appelle Torgenn-ar-Sal (le Tertre du Château) et où, d’après la légende, est enterré le fameux prophète, avec un diamant et des trésors. Et c’est à Landévennec, à la bibliothèque de la plus célèbre  abbaye bretonne, sise juste de l’autre coté de l’Aulne, que le lexicographe Dom Louis Le Pelletier (1663-1733) vit le livre qui comportait les prédictions rimées du visionnaire. Ce livre a malheureusement aujourd’hui disparu, mais, par chance, Dom Le Pelletier avait retranscrit le texte appelé An dialog etre Arzur Roe d’an Bretounet ha Guynglaff (Le dialogue entre Arthur, Roi des Bretons, et Guiklañ).

La deuxième patrie de Gwinklañ est le Trégor, la région nord de la Bretagne , entre Morlaix et Guingamp. Il y a également son tombeau, dans les environs du Menez-Bre. Le texte retranscrit par Le Pelletier et le chant recueilli par La Villemarqué mentionne qu’il habite entre Roc’h-Hallaz et Porzh-Gwenn. Roc’h-Hallaz est très connu, il s’agit d’un imposant massif rocheux sur la commune de Plestin, qui surplombe la vaste plage dite de la Lieue-de -Grève, et que les touristes parisiens appellent platement « le Grand Rocher », leurs gosiers ayant mal apprivoisé les sons gutturaux du nom véridique. A mi-chemin de la pente, un gros rocher en forme de patère, difficile à atteindre, est appelé Kador Gwinklañ  la Chaire de Gwinklañ). C’est là que notre voyant restait des heures  à dialoguer avec la nature. Il est un peu plus difficile d’être affirmatif pour Porzh-Gwenn (Port Blanc), ce nom étant relativement fréquent sur les côtes de Bretagne. Mais c’est Port Blanc en Penvénan qui semble le plus probable. Entre autres indices, il existe à cet endroit un lieu-dit face à la mer, appelé Run ar Gov (le tertre du forgeron, et le manoir qui servaient de lieu de résidence à Gwinklañ au pied de la face nord du Menez-Bre s’appelle également Run ar Gov. Ce n’est pas la première fois que de telles coïncidences toponymiques se produisent.

 

 

par Adriel publié dans : Personnages légendaires
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Voir tous les articles

Calendrier

Juillet 2008
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Recherche

Blog : Détente sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus